23 septembre 2010

Et une selle avec ça...

Histoire de corser un peu l'affaire, j'ai attaché mon ancienne selle sur le dos d'Austerlitz avant de le faire travailler. Des rênes hier, une selle aujourd'hui, quelle sera la réaction?
Du stoïcisme pur et dur. Il a reniflé le tapis de selle et n'a même pas essayé de l'ôter. Il n'a pas daigné se pencher vers la selle avant que je la pose sur son dos, et j'ai même pu serrer légèrement la sangle sans rien d'autre qu'un petit mouvement latéral. On est sorti reprendre les différents mouvements, marcher rênes longues, et aucune inquiétude ou tracas dans son comportement. Le quarter horse est d'un naturel calme, je ne m'en plains pas, et Austerlitz semble avoir de très bons gènes!
C'est seulement la seconde fois que je lui mets une selle sur le dos. La première était au mois de juin (voir photo), et on dirait que ça ne l'a pas traumatisé plus que ça...

21 septembre 2010

Du travail d'équipe

La progression d'Austerlitz sur ses pivots postérieurs me laissait dubitatif. En sollicitant le déplacement de ses antérieurs, il avait toujours tendance à reculer ou avancer, selon ma position par rapport à ses épaules. J'ai essayé de corriger la manoeuvre en bloquant le mouvement parasite mais sans grand résultat. Austerlitz ne percutait simplement pas...

... Ou bien était-ce moi? La décomposition du mouvement allait bien, le croisement des pattes s'effectuait assez bien. D'où vient le problème? Avec toute sa patience, Austerlitz me montrait que ça ne marchait pas. Un miracle s'est produit: j'ai commencé à réfléchir et en réfléchissant je me suis mis à sa place. Je suis un cheval et je dois comprendre que je dois bouger mes épaules sans bouger mes fesses. Qu'est-ce que je préfère pour y arriver? La logique me dit que si je souhaite un mouvement dans une direction donnée, je dois l'initier du bon côté et l'empêcher du mauvais côté. Alors pour un pivot vers la droite, je sollicite vers la droite (tension sur la laisse) et je bloque par la gauche (pression sur l'épaule). Le problème résidait donc dans la sollicitation. Tel que décrit dans le bouquin, on sollicite et on bloque du même côté, ça peut difficilement fonctionner à notre niveau! J'attache alors la laisse sur l'anneau droit du licol, j'y mets une tension par-dessus son encolure tout en appuyant sur l'épaule. Et hop! Austerlitz déplace ses épaules selon un cercle sans bouger l'arrière-train! Même chose vers la gauche!

Là il m'a regardé, très détendu et satisfait de voir que j'avais décoincé le mécanisme: tout devenait facile maintenant. Alors que retenir? Que le bouquin ne vaut pas plus que le papier sur lequel il est imprimé? Probablement pas, je pense que la description de l'exercice ne convenait pas forcément à ce que nous pouvions faire: il faut extraire l'intention et mettre en oeuvre ce qui est nécessaire et suffisant pour l'atteindre. Qu'il faut savoir sortir des sentiers battus? Certainement, en adaptant l'exercice à ma logique et aux capacités d'Austerlitz, la réussite a été immédiate et sans effort. L'enseignement a en fait été très riche. D'une part on a fait un vrai travail d'équipe qui nous a comblé tous les deux. D'autre part Austerlitz va apprendre à céder sans m'avoir toujours dans son champ de vision, ce qui sera fort utile une fois que je serai en selle. Dorénavant je travaillerai avec le licol ET des rênes, ça évitera des manipulations excessives autour de la tête et donnera accès à tout le cheval en tout temps. Quelle belle soirée!

15 septembre 2010

Exercice 2: pivot sur les postérieurs

Première bonne surprise en arrivant à l'écurie: Austerlitz est venu me retrouver seul! J'ai profité du fait que Nausicaa était déjà dans son box depuis la veille (changement de fers) pour tester la réceptivité d'Austerlitz. Généralement, on l'appelle et il vient à la barrière du pré, mais jamais seul. Soit Nausicaa entame le mouvement et il la suit, soit il descend la colline mais tout le troupeau est en mouvement. Hier je me suis porté à la limite de l'herbe et je l'ai appelé. Il lève la tête une première fois et recommence à brouter. Je l'appelle une second fois en faisant des signes évidents pour être certain qu'il me remarque. Il lève la tête une seconde fois et commence à descendre tranquillement. Excellent! Je l'encourage de la voix, il hennit une fois et maintient son port et son allure. Je me dirige alors vers la barrière et en me retournant, je vois le petit fieu galoper vers moi, comme s'il pensait que je partirais sans lui! Il court vers moi mais ne me fonce pas dessus: autre point positif! Le respect commence à devenir plus évident! Je le salue en lui caressant le front, il enfile son licol et à table!

Je voulais changer l'exercice de la soirée pour briser la routine et ne pas l'ennuyer. On est donc passé aux pivots sur les postérieurs sans même revenir aux antérieurs. Les débuts sont difficiles: il cherche à reculer. Je l'aide en pressant son épaule dans le sens du mouvement et on y va progressivement. Je le récompense dès qu'il amorce un mouvement dans la bonne direction. Avec de la répétition et une stimulation sur l'épaule, il finit par comprendre ce que j'attends de lui, aussi bien à droite qu'à gauche! Le geste est très maladroit, il coordonne encore très mal le positionnement de ses pattes, mais c'est un bon début.

On termine par une petite révision des pivots sur les antérieurs. Il effectue en fait des petits cercles que je devrai corriger. Il n'y a plus aucune résistance sur la longe et il suit la routine de bon coeur. C'est très gratifiant. L'autre gros point positif de la séance est son absence totale de nervosité, et donc d'aggressivité. Il n'est pas d'un naturel défensif/aggressif (c'est du quarter horse à 100%!), mais il a néanmoins tout exécuté sans défiance ni résistance. Il semblait vraiment à l'aise de travailler avec moi, ce qui confirme le sentiment que j'éprouvais au sujet de son respect.

12 septembre 2010

CN International, Spruce Meadows

Fin du concours international. Hier, la coupe des nations a vu les US of A s'imposer à Calgary malgré l'élimination et la chute un peu raide de Ashlee Bond. Aujourd'hui c'est Van Grunsven Simon qui s'impose avec le champion olympique (2000) Jeroen Dubbeldam sur le dos, après un sans faute aux éliminatoires et une faute de temps aux barrages.

Le fait marquant est bien sûr la 3ème place de Hickstead, monté par Eric Lamaze. Comment résumer son week-end? Facile: double sans faute en Nations Cup le samedi, sans faute sur le parcours du CN le dimanche et une pénalité aux barrages pour ne pas réussi à rechausser son étrier gauche perdu au saut n°3. Pourquoi? Le bonhomme a le pied gauche cassé depuis le mois dernier et il est à peine capable de s'appuyer dessus, alors passons sur les réceptions de saut dans cette catégorie. En faisant le maximum pour ne pas mettre de poids sur son pied gauche, l'étrier a fini par glisser et il n'a pas pu le remettre en place avant l'obstacle 4, Hickstead étant plutôt du genre enthousiaste sur ces parcours internationaux! Pour l'honneur, la fin du parcours fut sans faute, si ce n'est évidemment une durée de parcours excessive. Qu'y a-t-il à retenir dans cela, pour nous simples mortels? Le cheval. C'est lui qui compense pour le cavalier quand il peut. Ce week end a montré une synergie parfaite du couple Hickstead-Lamaze, et une compréhension hors du commun, probablement à placer au même niveau que celle entre Jappeloup et Durand. Voilà de quoi méditer lors de mes journées avec Austerlitz.

11 septembre 2010

Y prendrait-il goût?

Encore une révision pour Austerlitz aujourd'hui. Je ne sais pas pourquoi, mais j'ai l'impression que ces exercices sur les pivots est tellement artificiel pour un cheval que c'est sa meilleure préparation pour le travail. Après tout, il s'exécute dans un contexte pas très naturel: céder au licol, croiser les pattes en se déplaçant, céder à cette sollicitation complexe de mouvement...

Plus on s'entraîne, meilleur on devient, naturellement, et Austerlitz suit ce schéma à la perfection. Aucun problème sur la droite, mais un peu moins de coordination sur la gauche: Austerlitz n'est donc pas ambidextre! Il a tendance à reculer en pivotant, c'est un mouvement très brouillon. J'ai préféré reprendre l'exercice au début, en le dé-construisant pour mieux lui montrer la séquence que j'espère de lui. D'abord céder au licol, ce qu'il fait sans problème, puis céder à la hanche pour amorcer le mouvement, et s'assurer de garder un bon équilibre pour que l'ensemble paraisse naturel. Ca a fini par payer et ma journée était accomplie de façon satisfaisante!

J'ai remarqué un changement de comportement chez Austerlitz. Je crois qu'il s'habitue au travail sous "contrainte", mais hier il m'a donné l'impression de s'amuser. Il garde ses oreilles attentives, ne répond jamais par opposition, il a toujours la bonne réponse si on change la routine (ex: avancer-s'arrêter pour se replacer). Sa réceptivité se lisait dans ses yeux, et ce devait être une bonne journée car on a travaillé assez longtemps pour corriger le pivot vers la gauche et il ne s'est pas impatienté. J'ai un très bon camarade, j'espère ne pas le décevoir de mon côté!

9 septembre 2010

Nouvelle révision des acquis

Austerlitz est vraiment un cheval drôle. Il hennit souvent quand il nous voit, donc hier ce n'était pas différent. Pour quoi? Bonne question: est-ce adressé à l'humain, en réponse à un stimulus visuel? Est-ce adressé aux autres équidés, pour une raison ou une autre? En tout cas il avait capté notre attention, et voilà le cheval venir en courant vers moi. Le sol est glissant de la dernière pluie, les antérieurs se dérobent mais le postérieur continue sur sa lancée. De toute évidence, ce n'est pas pratique de galoper à genoux! Il finit par se relever après quelques foulées (le temps de ralentir le moteur), hennit à nouveau et vient chercher son licol.

Restait-il donc un peu de frustration? Après les plus grandes difficultés du monde à lui passer son licol après qu'il ait mangé, nous re-travaillons les pivots sur les antérieurs. Bizarrement, il ne garde jamais sa laisse tendue et se déplace tout seul sans que j'aie besoin de lui demander. Idem de l'autre côté... A mon avis il avait davantage envie de me demander de le rentrer pour plus de foin, d'où un museau plus baladeur. Néanmoins, il se déplaçait avec beaucoup plus d'aisance qu'hier, croisait les pattes sans hésiter: ça rentre! Finalement la séance de travail a été très courte mais récompensée. A voir si ce soir ce sera la même chose...

8 septembre 2010

Pivot sur les antérieurs, suite...

Pas très bonne séance de travail hier, mais par ma faute: trop concentré sur la façon de faire bouger Austerlitz, j'en ai complètement oublié la façon de le solliciter. Puisque je n'utilise pas de bride, je dois utiliser le licol à son mieux, et donc placer la laisse sur les attaches latérales pour demander la flexion du côté correspondant. Au lieu de cela, j'ai laissé la laisse sur l'anneau central sous la muserole. Pas brillant... Illustration parfaite de la recherche de la performance au lieu de l'apprentissage progressif. L'homme et ses faiblesses...

Ce soir on a repris les choses normales. Austerlitz n'a pas de mal à céder à la tension du licol, et il chasse bien ses hanches à la première sollicitation. Il n'a même pas trop de mal à croiser ses postérieurs (voilà pour la satisfaction de l'homme...). OK, le pivot sur un antérieur quasi-statique n'est pas (encore) là, mais il faut bien se ménager une marge de progression! Mon petit fieu a très bien encaissé cette séance de travail: beaucoup de curiosité dans les yeux, pas une once de défense ou d'aggressivité. En le travaillant à l'extérieur, je me suis rendu compte qu'il avait le même comportement que dans son box: dès que je me place sur sa droite, il vient me chercher du museau, bien plus loin que lorsque je suis à gauche. Encore un cheval droitier!

6 septembre 2010

Suite des exercices

Austerlitz est souple: quand il est vraiment motivé (par exemple lorsqu'une mouche l'agace), il est tout à fait capable de fléchir l'encolure, bien campé sur ses pattes, et de se gratter le haut de la croupe avec ses dents. Je serais donc en mesure de penser que le second exercice de de Corbigny sera un succès retentissant. Hé bien non, c'est tout l'inverse! Impossible de marcher droit en fléchissant l'encolure, du moins aujourd'hui... Je vais réviser de mon côté pour reprendre plus tard, mais je me demande si dans ce cas précis un mors de filet ne serait pas utile. A priori, je pense qu'on n'en est pas encore là.

Quitte à être dans les flexions, je suis aussi passé à l'exercice du pivot sur les antérieurs. Ca rentre bien ça, par contre, mais il est assez décontenancé. Après quelques répétitions, on dirait qu'il attrappe le tournis et il aurait tendance à s'en prendre à mon avant bras s'il avait moins de bon sens. Je dois penser à le récompenser plus souvent, histoire de lui montrer que ce n'est pas vain. Nous avons fait l'exercice des deux côtés, et dans chaque cas il a réussi à croiser les postérieurs en se déplaçant. Il est très gauche, mais le talent est là, il suffit de le développer! Quand ça sera bien rentré, on se concentrera sur l'immobilité des antérieurs de pivot. Ca commence bien tout de même, je suis content de lui.

5 septembre 2010

Révision des acquis

Austerlitz est calme aujourd'hui, malgré une vilaine blessure sur les côtes à gauche. Ca ressemble fortement à une ruade avec des fers d'hiver, on distingue trois crampons, et il a été éraflé jusqu'au sang. Il n'est pourtant pas trop sensible et je le badigeonne de T-Zone.

Après sa ration de granules et quelque temps seul à seul avec son foin, je lui passe son licol et l'emmène sur le chemin pour voir si la leçon précédente porte aussi dans un milieu de travail moins formel. La badine se montre à nouveau très utile. Il y a quand même une différence notable: il semble ne plus rester aussi stoïque que la dernière fois sous la pression rythmique. La séance est intéressante: il n'est pas plus motivé que d'habitude pour s'éloigner de l'écurie, mais la badine le met en mouvement immédiatement (même si ce n'est pas pour une foulée complète). Plus fort encore, sur le chemin du retour , la commande d'arrêt fonctionne à la perfection. Il réagit au "woh" et s'arrête pile les épaule au niveau de mes pieds, laisse longue, tête droite. Je suis impressionné! Malgré les difficultés de l'aller (20 mètres en 15 minutes), il me rend encore fier de lui.

3 septembre 2010

Exercice 1: mise en mouvement

Aujourd'hui c'est la première journée de travail structuré. Je suis la méthode expliquée par de Corbigny, exercice par exercice.
Un peu de révision au départ: mise en mouvement à la parole, auquel j'ajoute l'arrêt à la parole. La mise en mouvement s'est bien passée. Je veux qu'il se mette en marche à la commande "allez, le pas", que j'appuie d'un claquement de langue si je n'ai pas toute son attention. Comme prévu, il a fallu monter tous les niveaux de sollicitation jusqu'au coup sur la croupe, mais ensuite le programme est bien rentré et Austerlitz se débrouillait très bien. Le vrai test sera de le mener de cette façon sur le sentier où il a toujours de la mauvaise volonté à avancer.

C'était vraiment prévisible de devoir exiger le mouvement. En m'amusant avec les jeux de Parelli, j'ai vu qu'il était assez peu sensible à la pression rythmique. Il n'a jamais craint ni la cravache ni la badine et je pense aussi que son niveau de confiance vis à vis de moi a augmenté son seuil de tolérance. Ce n'est pas forcément pratique au début, mais on verra bien en progressant avec les autres exercices. Je soupçonne fortement Austerlitz de ne pas encore avoir de mode "travail" où la compréhension de stimuli doit faire partie du jeu.
Je ne demanderai pas beaucoup plus dans les prochains jours, afin de m'assurer que les bases sont établies et pour éviter de mélanger ses pinceaux.